Femini-Books : le syndrome des demoiselles en détresse dans la littérature

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feminibooksBonjour tout le monde. Le projet Femini-books d’Opalyne m’a toujours intéressée mais je ne me sentais pas légitime à y participer, parce que je n’ai pas assez de connaissances sur le féminisme, n’ai jamais vraiment lu de romans traitant de ce sujet (des articles sur le web oui mais pas autre chose) et ai toujours la crainte de ne pas trouver les bons mots. Alors généralement je préfère partager des liens vers des articles ou vidéos important.e.s où tout est bien mieux expliqué que je ne saurais le faire. Mais pour cette session j’en avais davantage l’envie ; sauf qu’en même temps je restais sur le blocage de « mais j’ai pas de livres féministes et les séries tv m’inspirent plus ». Du coup Ninon m’a dit que je pouvais très bien parler d’un schéma qui est présent dans plusieurs livres sans parler d’un seul en particulier ni qu’ils soient forcément dénonciateurs, et ça m’a plus parlé. Donc j’ai pensé à la célèbre demoiselle en détresse qui perdure depuis des siècles tant sur nos écrans que dans nos bouquins ou encore lors de spectacles, les publicités,etc. même si on pointe de plus en plus doigt ce qu’est le patriarcat ; parce que ça marche, et parce qu’on y est tellement habitué.e.s qu’on ne s’en rend parfois même plus compte. Et moi ça commence à m’énerver. Surtout parce que j’ai honte d’admettre que plus jeune j’avais ce rêve du beau chevalier blanc. Et parce que j’ai un entourage franchement nocif en ce qui concerne le sexisme, qui m’a (trop) longtemps influencée, et qui à présent me rend dingue même si je me dois toujours de serrer les poings par instinct d’auto-protection.

J’hésitais entre le format vidéo et texte, mais depuis un an j’ai beaucoup plus de mal à être régulière sur Youtube et y suis moins à l’aise ; et puis à l’oral et en me montrant, j’ai presque toujours comme un masque qui empêche tout ce que je ressens intérieurement d’être transmis. L’écriture sur mon blog me semblait donc plus adéquate car un peu moins vulnérable et je m’exprime beaucoup mieux de cette manière : je bataille moins à trouver les bons mots et formuler mes phrases ; et puis un texte ça se retravaille plus facilement qu’une vidéo. D’ailleurs je vous préviens tout de suite, ça va être très long, j’écris toujours de sacrés pavés et celui-ci est sans aucun doute un de mes plus conséquents ; alors allez donc vous chercher un thé et de quoi grignoter, mettre un fond musical, bref, de quoi être tranquilles pendant un moment.

Hier, les lectures de Sophie nous parlait des souliers écarlates et Duckyoudarling de Scarlett O’Hara. Aujourd’hui vous êtes ici, et en même temps chez Petits bonheurs d’une Chibi qui nous parle de Quand je serai grande et de l’Effet Matilda.

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Avant de partir dans le côté lectures j’avais envie d’expliquer un peu le schéma qu’est la damoiselle en détresse en ayant fait quelques recherches. J’aurais préféré trouver mieux que Wikipedia comme source mais ce n’est pas si simple. Cette thématique remonte donc à la Grèce Antique, ce qui peut paraître surprenant étant donné que les déesses de la mythologie sont très puissantes ; mais il y a aussi beaucoup de jeunes femmes vouées à être sacrifiées (Andromède en étant l’exemple le plus célèbre, sauvée par Persée des griffes du monstre de Poséidon). En occident, cette thématique est très fréquente dans les contes de fées : Raiponce, Blanche Neige, Belle au bois dormant… à chaque fois on a une princesse sauvée par un prince et ils se marient et vivent heureux. Enfin ça j’ai envie de dire c’est plutôt les versions qu’on en retient (les Disney quoi). D’une part parce qu’on ne nous dit peut-être pas qu’elles n’ont pas le choix car il faut récompenser monsieur. De l’autre, parce que le vrai conte de la belle Aurore est beaucoup plus glauque que le dessin animé… On retrouve encore de manière récurrente le personnage de la demoiselle en détresse dans les histoires d’amour de l’époque médiévale, qui est aussi reprise dans la littérature gothique. Elle est généralement prisonnière d’un homme cruel mais de haute fonction. Pour ce qui est du côté cinématographique, je ne pense pas avoir besoin de vous citer d’exemple tant il y en a même si elle se fait moins présente aujourd’hui et qu’elle est parfois volontairement jouée de manière ironique. Je ne connais pas du tout le monde du jeu vidéo mais il semblerait que le personnage féminin à secourir ne soit pas rare non plus. Par contre niveau publicités, je ne sais pas vous mais moi j’y vois toujours beaucoup de clichés insupportables, dont le fait qu’une femme a besoin d’un homme pour tout et n’importe quoi, que ce soit à la maison ou dehors.

giphyJe m’en vais maintenant prendre quelques exemples dans mes lectures. Je ne pouvais pas ne pas citer Twilight de Stephenie Meyer. Alors je précise que je n’ai lu que le premier tome à l’âge de 16 ans, que j’avais adoré à l’époque. Puis le film est sorti, c’est devenu une telle folie que je n’ai pas eu le goût de lire ni regarder la suite et puis après j’ai grandi et ai eu un regard plus critique. Par contre j’ai eu pleins de spoilers. Les fans de cette saga, svp pas taper, je suis désolée si vous n’êtes pas d’accord avec ce qui va suivre. Si à l’époque je ne voyais pas le problème dans le personnage de Bella, plus tard je me suis dit mais comment t’as pu être aussi niaise ? Non parce qu’on est d’accord qu’elle n’a de sens à sa vie qu’à partir du moment où elle rencontre Edward ; qu’elle ne vit ensuite jamais pour elle-même mais toujours qu’au travers de lui, et passe son temps à se rabaisser en pensant ne pas mériter ce garçon mystérieux qui s’avère être surnaturel oh combien parfait. Et puis j’ai entendu qu’il y a ensuite un autre garçon qui se rajoute, ce qui crée le fameux cliché du triangle amoureux de la fille timide convoitée par deux beaux mecs qu’elle ne sait pas départager. Mais c’est un autre sujet. Je crois que le pire, et ça je ne l’ai donc pas lu mais on me l’a dit, c’est quand elle se jette d’une falaise après qu’il l’ait quittée. Alors attention, je ne nie pas la souffrance violente que peut provoquer l’amour, ni la dépression pouvant menant à l’arrêt d’envie de vivre, c’est réel et je déteste que certain.e.s se permettent de juger ça. Mais là ça me dérange dans le message que ça fait passer aux jeunes lect.eur.rice.s parce qu’on pourrait y voir là que sans son/sa amoureux/se nous n’existons plus, ce qui est hyper nocif, surtout pour le public visé. Il est plus avisé selon moi de faire comprendre aux adolescent.e.s que tout n’est pas terminé et qu’il faut (ré)apprendre à s’aimer soi-même.

J’imagine que c’est aussi par rapport à mon vécu personnel que ça m’énerve puisque j’ai moi aussi toujours été sûre que mon premier amour était beaucoup trop bien pour moi tout au long de la relation même s’il n’en n’était pas forcément responsable, et que j’ai aussi perdu le goût à tout quand ça s’est terminé. J’avais entre 17 et 18 ans donc même si je n’en ai que 25, je me trompe peut-être mais j’ai l’impression qu’on baignait encore un peu trop dans ces idées par rapport à maintenant même s’il reste encore beaucoup de travail et que niveau vie réelle j’ai plutôt l’impression qu’on régresse… Ce que je veux dire c’est que même si les sentiments ne se contrôlent pas, ils ne sont pas les seules responsables car il y a des idées qu’on nous inculque sans même qu’on s’en rende compte dont découlent des comportements saboteurs. Genre : elle a besoin de trouver l’amour pour être heureuse VS il doit la protéger du danger extérieur, passivité VS action, douceur VS violence… ça justifie certaines choses inacceptables et fait perdurer cette notion de dominant/dominée. Pour en terminer sur le point Twilight, je vous dirige vers ce lien que je trouve très intéressant et qui me confirme dans mon idée que cette fiction est très malsaine en ce qui concerne le rapport homme/femme (et pas seulement au niveau d’Edward ni même de seulement Bella). Culture du viol à fond les ballons !

armentroutJe passe à d’autres livres sur lesquels je vais essayer d’être moins longue. Je me rends compte d’ailleurs que maintenant que j’ai pris conscience de plusieurs choses niveau sexisme, il y a certainement des bouquins que j’avais beaucoup aimé il y a quelques années (pas si lointaines) qui me dérangeraient à présent pas mal sur certains points. Peut-être pour ça que j’évite de relire ceux que je soupçonne d’être dans ce cas par crainte de gâcher le bon souvenir. Je prends pour exemple la trilogie The Dark Elements de Jennifer L. Armentrout : j’avais trouvé l’histoire originale (gargouilles VS démons) et j’y avais eu comme un béguin pour un des deux personnages masculins principaux qui est à la fois sombre et drôle mais dominateur (ce qui peut certes être justifié par sa nature). A bien y réfléchir, il est à la limite du harceleur. Mais bon, il est canon et mystérieux voyez… et ça aussi c’est un cliché qui ne me plaît plus comme auparavant. Par ailleurs, l’héroïne de l’histoire, Layla, même si elle est plus forte qu’elle ne se l’imagine et même si elle évolue, est quand même l’adolescente que les deux beaux mecs vont vouloir protéger en essayant toujours de se battre à sa place et se défier l’un l’autre… et forcément, elle ne sait pas lequel choisir… J’avais commandé le dernier tome dès sa sortie, et au final je ne l’ai toujours pas lu alors que j’avais très hâte à l’époque (mais vie perso a fait que mon rythme de lecture a nettement ralenti) et que je suis encore curieuse de la conclusion de cette histoire et espère que cette jeune femme prend encore plus d’indépendance ; le truc c’est que je sais que j’aurai besoin de relire les deux précédents avant afin de me souvenir de tout, et je crains de grincer des dents là où mon point de vue de fille de 20 ans n’avait rien vu de problématique, donc je laisse traîner… J’avais quand même bien apprécié qu’au fur et à mesure elle s’affirme davantage de même qu’elle comprenne que tout n’est pas tout blanc ou tout noir comme on le lui a enseigné pendant longtemps (quoi qu’en même temps il faut forcément que ce soit grâce à un mec qu’elle ouvre les yeux donc encore le préjugé de l’homme qui éduque la femme) et j’aime ce côté fantastique et les cliffhangers que l’autrice maîtrise très bien mais à cause de ce que j’ai évoqué je ne le conseillerais pas à tout le monde, ou du moins je pense savoir qui n’apprécierait pas du tout (coucou Ninon et Louise). Comme pour sa saga LUX (plutôt science fiction ici), bien qu’il y ait le triangle en moins et que Katy soit plus forte à mes yeux.

hush-hush1Passons à Hush Hush de Becca Fitzpatrick, que j’avais lu à peu près au même âge. Déjà j’ai l’impression que peu de monde parmi blogueu.r.se.s et booktube a apprécié cette saga, moi j’avais adoré à l’époque. Je n’ose pas le ressortir de ma bibliothèque aujourd’hui (même si j’aime les relectures) car avec le recul je n’en ai aujourd’hui pas le même point de vue. Les remarques que j’ai à en faire sont très similaires à celles du paragraphe précédent, à la différence que celle-ci je l’ai terminée et qu’il n’y a pas de triangle amoureux. Ici le bel homme de l’histoire, Patch, s’avère être un ange déchu. Il n’est pas le seul, mais tous ne sont pas bien intentionnés à l’égard de Nora. Encore une fois un beau gosse très mystérieux à la limite du dangereux mais imbu de lui-même et qui va craquer pour une jeune fille tout à fait banale et même plutôt discrète dans sa vie de lycéenne, et donc, évidemment, il va se donner pour mission de la protéger, pauvre petite humaine fragile. Sauf qu’il se passe un truc à un moment donné dans l’histoire qui fait qu’elle est plus forte et a moins besoin de lui. Et je remarque qu’à chaque fois qu’une demoiselle en détresse se transforme en badass woman, le mec est impressionné. Là je prends ce livre pour exemple mais c’est loin d’être le seul. Est-ce qu’on pourrait arrêter de faire les surpris dès qu’une femme fait preuve de force et d’indépendance ? Souvent d’ailleurs, on « rattrape » le truc en montrant que finalement, la belle a bel et bien besoin de son preux chevalier, parce qu’elle ne maîtrise pas le danger et fait forcément une bêtise inconsciente qu’il se doit de corriger in extremis… Ou alors, quand elle devient forte, son seul but est de sauver son sauveur sans penser un instant à elle-même, et même s’il lui a fait du mal au passage, parce que comprenez : c’était pour son bien. Entre Nora et Patch on assiste aussi à une rupture très similaire à celle de Twilight, à la différence que celle-ci ne tente pas d’atteindre à ses jours : nous sommes témoins des sentiments de forte auto-dépréciation de la jeune fille qui ne trouve pas de sens à son existence en son absence, et on apprend qu’il s’y est obligé pour ne pas la mettre en danger. Point positif par rapport à Bella à mes yeux : Nora préfère laisser la colère prendre le dessus plutôt que de se laisser abattre même si elle souffre. Je me souviens qu’à très peu de temps d’écart j’avais lu deux autres histoires similaires : Starcrossed de Joséphine Angelini (que j’avais adoré, liée à la mythologie grecque et plus précisément Hélène et Pâris) et Halo d’Alexandra Adornetto (dont j’avais été déçue, avec des anges envoyés sur terre). Je n’avais lu que le premier tome pour chacune de ces sagas (et je crois qu’elles n’ont pas rencontré le succès escompté) et je ne me souviens de presque rien mais je suis persuadée qu’on retrouvait le même type de figure.

InsaisissablePassons à la saga Insaisissable, de Tahereh Mafi… Bon alors qu’on soit clair.e.s tout de suite, je vais être assez virulente et j’en suis désolée pour les personnes affectionnant cette trilogie (il semblerait que l’autrice veuille en faire une suite) car vous êtes nombreux/ses. J’ai détesté Juliette, le personnage principal, de toutes mes forces, comme ça m’est rarement arrivé. C’est simple, elle m’a gâché toute l’histoire, que j’aurais beaucoup plus appréciée sans elle (ce qui est un chouïa problématique puisque c’est essentiellement elle qui crée cette histoire en question). J’ai bien failli balancer mon bouquin à l’autre bout de la pièce tellement j’avais envie de la claquer. Ici, la demoiselle en détresse qu’elle est au début devient très forte au fur et à mesure du temps (bien qu’elle soit imbuvable, permettez-moi d’insister) et se retrouve dans un triangle amoureux entre deux mecs musclés au passé douloureux qui sont selon moi tous deux possessifs et chacun problématiques à leur manière sans en dire plus, mais surtout, sa relation avec l’un des deux n’est ni plus ni moins le syndrome de Stockholm. Ce qui me rappelle d’ailleurs beaucoup la Belle et la Bête. Alors oui je sais ça ne fait jamais plaisir aux personnes qui l’apprécient mais en prenant du recul je vous assure que ça crève les yeux puisque Belle et Juliette sont toutes deux emprisonnées pendant un moment. Et je dois admettre que ça me tape sur les nerfs cette romantisation de relations abusives au possible car même si le comportement de quelqu’un peut s’expliquer par sa souffrance et que je peux comprendre la compassion à son égard, ça n’en reste pas moins extrêmement nocif. Par contre en ce qui concerne la belle et la bête sachez que le conte d’origine n’avait pas cet aspect là, ça a été transformé dans les adaptations qu’on en a faites (clique là), et c’est bien dommage… (preuve ici)

50shadesEt j’en viens donc à mentionner inévitablement Fifty Shades of Grey de E.L James où j’ai du chercher un peu plus que ce qu’on m’en a dit puisque je n’ai ni lu les livres ni regardé les films mais déjà tous les retours que j’en avais eus (positifs comme négatifs) me suffisaient largement pour affirmer que je n’en ai aucune envie et que cette romance est tout sauf belle : c’est malsain. Et puis étant donné que c’est parti d’une fanfiction de Twilight qui est déjà problématique comme expliqué précédemment, ce n’est pas surprenant. Un manipulateur égocentrique qui tire avantage de l’innocence d’une jeune femme en position de faiblesse. Pas seulement sur le point physique mais aussi psychologique. Nous ne sommes donc ici pas dans le cadre de la demoiselle en détresse qui va être secourue, mais abusée au contraire, tout en lui donnant l’illusion d’être sauvée. Ou alors il la « sauve » de son ignorance en ce qui concerne la sexualité. Ce n’est absolument pas le côté BDSM le problème mais le non respect de la notion de consentement qui est absolument indispensable dans ce cadre, comme vous pourrez le lire juste là (c’est en anglais par contre). JAMAIS je n’accepterai qu’on justifie et embellisse ça. Le pire étant que des jeunes filles mineures rêvent d’une telle relation et trouvent l’irréparable excitant. Et vas-y qu’on appuie sur le cliché du « non mais une fille qui dit non elle pense souvent oui » ou encore le « c’est répandu comme fantasme »… Ce bouquin (le film étant d’après ce que j’ai entendu plus soft) a vraiment fait des ravages en ce qui concerne la culture du viol contre laquelle nous essayons tant bien que mal de lutter en la dénonçant et l’expliquant. Je trouve que ce genre d’histoires à succès et accessibles à la jeunesse prend donc le dessus et efface l’important, invisibilisant celles qui pointent du doigt ce qui doit changer et faisant perdurer au contraire la banalisation des idées sexistes. C’est dangereux. Et là je sais que ça risque de s’insurger vu le succès que ça a eu et que beaucoup ne le voient pas ainsi mais je suis désolée vous ne me ferez pas changer d’avis. Parce que l’argument du « elle a le choix » ça ne prend pas : l’emprise psychologique, c’est reconnu. Lui mettre la pression pour qu’elle cède à ses envies tout en choisissant les bons mots lui laissant penser que c’est pour elle… ce n’est pas respecter son avis. Contrôler toute sa vie, ce n’est pas non plus lui laisser le choix. Alors pour moi dans Fifty Shades on est essentiellement face à de la violence conjugale (qui rappelons-le peut tout aussi bien être physique que psychique, les deux ayant autant d’importance, l’un étant visible et l’autre pas), mais on y retrouve aussi la thématique damoiselle en détresse que j’ai choisie d’aborder dans cet article par le cliché de la jeune femme effacée sans aucune expérience qui va avoir besoin d’un homme sexy et sûr de lui pour tout lui apprendre, même s’il lui faut en souffrir, et ce tout en l’excusant et souhaitant le réparer (parce qu’elle y arrivera forcément mieux que toutes les autres hein), ce qui rejoint là aussi un petit peu le syndrome de Stockholm… super combo n’est-ce pas ? Je vous laisse ces quelques liens pour plus de développement si vous le souhaitez : en trois parties : 123 et un dernier, très complet.

daniel-radcliffe-birthday-july-23-2013-harry-potter-gifs-ginnyJ’avais enfin envie de parler de Ginny Weasley, mais alors attention, d’une manière totalement différente des filles précédemment citées ! Car c’est en faisant cet article que j’en suis venue à m’interroger à son sujet. Je précise qu’à partir du tome 5, c’est mon personnage féminin préféré de la saga Harry Potter, à égalité avec Hermione. Ginny est très forte (en tant que sorcière mais aussi mentalement), intelligente et drôle. Mais ça on l’ignore avant le tome 5 car c’est là qu’elle prend de l’importance avec l’armée de Dumbledore et la salle sur demande. Je me suis juste demandé si celle du tome 2 (où elle est toute jeune et manipulée puis capturée dans la chambre de secrets en présence du basilic) ne pourrait pas être considérée un petit peu comme une demoiselle en détresse puisqu’elle est sauvée par le héros pour lequel elle a des sentiments et qui se trouve aussi être le meilleur ami de son frère et qu’après ça elle est encore plus timide en sa présence qu’avant bien que reconnaissante. Et puis elle évolue d’une très jolie manière dans les tomes suivants. Dites moi ce que vous en pensez en essayant d’être objectifs, ce qui est difficile avec le monde de Poudlard auquel on n’arrive pas à reprocher quoi que ce soit tant on l’aime. Même si je me suis posé cette question, je ne me résous pas à la classer là dedans même à ses débuts. Parce que même si elle est secourue, ce n’est pas ce qu’elle attend, et elle essaie au contraire de lutter toute seule contre le journal de Jedusor sans en parler à personne quand elle prend conscience du danger. Et j’aurais tendance à dire qu’elle n’a pas changé à proprement parler, mais plutôt réussi à montrer sa vraie nature à Harry, celle que nous lecteurs ne connaissions pas mais qui d’après ses frères et Hermione a toujours été là.

Je me suis demandé s’il y avait un autre personnage féminin qui corresponde à la thématique abordée ici dans la saga. Certainement pas Luna, ni Hermione, et encore moins Molly ou McGonagall. Tonks non plus. Pas même Chourave ni l’infirmière. J’ai pensé à Lavande et Parvati, peut-être Kathy, à Cho et à Fleur. Chacune ont des aspects qui pourraient nous faire dire que oui mais en même temps je leur trouve une force à chacune (surtout Fleur de mon point de vue), qu’on les apprécie ou non. D’ailleurs, même la méchante Bellatrix on l’admire tou.te.s un peu je crois car très puissante. Narcissa Malefoy ne peut pas nous laisser indifférent.e.s non plus. Pour moi le personnage le plus faible de toute cette série c’est Peter Pettigrew, suivi de près par Quirell et Lockhart. Aucune femme donc. Même Ombrage et Skeeter que je déteste très très fort je ne peux leur réfuter une certaine solidité. Et même la tante Pétunia m’a beaucoup surprise sur la fin. Dites moi ce que vous en pensez mais moi je ne peux que conclure sur un : merci JK Rowling ! (par contre pas ok pour défendre Johnny Depp mais ça c’est une autre affaire) J’ai quand même trouvé quelques liens pour étoffer tout ça : un article intéressant qui confronte deux points de vues totalement opposés quant à la question du féminisme dans le monde de nos sorcier.e.s préféré.e.s : portoloin ; un autre qui vante bien la place des femmes dans cet univers magique et complexe : Accio ; et enfin une profonde réflexion plus centrée sur l’une d’elles en particulier : poudre de cheminette !

bigstock-Autumn-leaves-book-and-cup-of-74174221Alors je pense que tous ces schémas répétitifs de demoiselles en détresse ne me dérangeaient pas à l’époque où j’ai lu ces livre d’une part parce que je n’étais pas encore du tout déconstruite (et j’ai évidemment encore beaucoup à apprendre) et n’avais même pas conscience du moindre problème tant j’étais « conditionnée » si je puis dire ; et de l’autre parce que je n’avais pas lu assez en quantité pour remarquer que c’était à peu de choses près toujours le même scénario puisque j’ai presque totalement arrêté la lecture entre le dernier livre Harry Potter et le premier film Hunger Games donc j’ai découvert et pris plaisir aux YA aux alentours de 20 ans. Aujourd’hui j’ai un bon petit paquet de lectures derrière moi (bien que beaucoup moins que la majorité des gens sur la blogosphère) me permettant de mieux distinguer ce schéma répétitif qui ne m’apporte donc plus vraiment de surprises, et puis j’ai beaucoup changé assez rapidement (du fait de mon vécu personnel comme des échanges grâce à internet) donc elles ne me correspondent plus et certaines choses que j’appréciais avant peuvent à présent m’énerver. Non pas que je ne lirai plus jamais d’histoires similaires (bien qu’il y en ait quelques unes qui ne me tentent plus du tout comme La sélection de Kiera Cass) mais ce sera peut-être plus un pêché mignon, rarement un coup de cœur sur lequel je n’aurais rien à redire.

Je voulais quand même aborder un point de vue différent quant à tout ça. S’il est certes assez pénible selon moi de se retrouver face à un personnage féminin qui attend que quelqu’un la sauve et rêve d’amour au lieu de se battre comme une grande, je trouve qu’un aspect psychologique auquel on ne pense pas assez peut y être intéressant bien qu’inquiétant et seulement dans un certain type de scénario : certaines, qui sont des victimes, renoncent à toute volonté et n’envisagent pas d’autre futur possible car se résignent à leur sort. Dans ce cas de figure, on se doute qu’il s’est passé un certain temps pour qu’elle en soit arrivée là, ou qu’il y avait une vulnérabilité de base sur laquelle on a appuyé. En tout cas pour moi, c’est montrer le pouvoir qu’est l’emprise d’une personne sur une autre, et je dévie un tout petit peu vers un autre sujet mais qui n’en reste pas moins important et qui garde ce lien avec la fragilité : c’est par le biais de ces personnages fictifs qu’on peut mieux comprendre l’incapacité de trop de femmes encore dans la vie réelle à rompre une relation qui les détruit. Et face à elles, sur un écran, dans un livre ou dans notre entourage, on est d’abord compatissant.e.s puis énervé.e.s parce qu’après tout « il suffit de » et aussi parce que ça nous fait peur, mais on se sent surtout impuissant.e.s. C’est peut-être là le plus cruel mais très réaliste.

Tout ça pour dire que souvent dans nos livres, on se retrouve face aux demoiselles en détresse qui le sont naturellement, mais il arrive aussi qu’elles ne le soient pas de base mais le soient devenues malgré elles par un vécu qui l’explique. On devrait alors être plus indulgent.e.s mais je sais que ce n’est pourtant pas toujours le cas. J’ose espérer que nous n’avons pas alors les mêmes exigences des femmes dans la vraie vie que dans la fiction. Comme dit plus haut, j’ai par exemple détesté au plus haut point le personnage de Juliette dans Insaisissable, alors qu’elle a un passé très difficile. Le truc illogique, c’est que plus j’ai avancé dans la trilogie plus ma violence à son encontre devenait physique et viscérale, alors que c’est au début qu’elle est la plus faible et à la fin qu’elle est forte et plus ou moins indépendante. Du coup je me demande si je ne suis pas encore trop ancrée dans ce schéma de compréhension des fragiles qui s’appuient sur l’aide. Parce que moi-même j’ai besoin de soutien car aucune confiance en moi et facilement à fleur de peau. Mais en même temps, j’aime énormément Ruby dans la saga des insoumis d’Alexandra Bracken (lisez la je vous en supplie ! Ma dystopie préférée. En VO encore mieux sous le nom de The Darkest Minds) qui a exactement le même genre de parcours (à la différence qu’elle sait ce qu’elle veut elle, ne serait-ce qu’au niveau sentimental) ce qui est donc assez paradoxal. J’imagine que ça dépend vraiment du caractère du personnage et de l’univers.

montagebooksbadasswomenMaintenant nous avons quand même beaucoup de personnages féminins puissants : Katniss (Hunger Games), Tris (Divergente), Alice (L’épouvanteur), Gwendolyn (Rouge Rubis), et j’en passe… D’ailleurs je vois moins de bouquins dont le personnage principal est un garçon. Mais ce que je me demande, c’est est-ce qu’il faut forcément que les héroïnes le soient toutes autant pour être glorifiées ? Je veux dire par là qu’il est bien qu’on s’éloigne de la princesse qui attend du secours, mais si on va dans le cas totalement opposé de manière systématique, il se pourrait que ça fasse un peu de mal aussi dans le sens où les lectrices ne s’y reconnaîtront pas toutes (j’en fais partie) et s’estiment par conséquent fragiles en les enviant. Est-ce qu’il n’y aurait pas moyen d’y avoir un entre deux ? J’en cherche encore de mon côté. Est-ce que quelque part, toutes ces jeunes femmes affirmées et indépendantes, ça ne revient pas à dire que la force c’est de s’en sortir seule, et que demander de l’aide est une preuve de faiblesse ? Ce point là me dérange. Car admettre avoir besoin du soutien des autres, ça demande beaucoup de courage, j’en sais quelque chose… Je pense qu’il est effectivement important qu’une femme essaie se relever toute seule mais qu’elle n’est pas obligée de réussir pour éviter d’être perçue comme soumise. D’ailleurs le renfort n’a pas à venir obligatoirement du « sexe fort ». Et est-ce que leur volonté presque automatique à se sacrifier donne vraiment le bon exemple ? Est-ce que c’est ça être forte ? Est-ce qu’il est nécessaire qu’on en vienne à se transformer en martyrs pour être respectées dans ce monde ? Si tant est que ça suffise bien sûr car ce ne sont pas les dernières nouvelles qui encouragent dans cette direction là… et ça rejoindrait quand même la détresse, donc on se retrouve face à un paradoxe, et un retour en arrière : désespoir > rébellion > drame > fragilité. Une part de moi pense que vivre avec l’insupportable demande énormément de solidité, l’autre ne se résout pas à blâmer le burn out émotionnel. Alors j’estime qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon d’agir (par choix ou non) : que ce soit s’en sortir seul.e ou se reposer sur quelqu’un.e, les deux demandent une force différente mais toute aussi grande. Il n’y en a donc pas une à valoriser davantage que l’autre, ça peut être culpabilisant et provoquer de mauvaises choses.

D’autre part, tous ces personnages, même lorsqu’elles sont badass, ont toujours un amoureux. Alors personnellement ça ne me dérange pas car si je ne supporte pas les romances pures j’aime beaucoup qu’il y ait une histoire d’amour dans un roman dont ce n’est pas le sujet principal. Mais je connais plusieurs personnes qui aimeraient que pour une fois il n’y ait que de l’amitié, ce que je peux comprendre. A la fois parce que ce n’est pas réaliste dans le sens où on ne tombe pas forcément amoureux de la personne qui partage nos mésaventures ; et parce que ça laisse sous-entendre encore une fois qu’aussi forte soit-elle, il lui faut un homme pour la guider, voire consoler, et donc qu’elle ne sait pas prendre les bonnes décisions toute seule (et lorsqu’elle n’en fait qu’à sa tête, il y a de la dispute qui se profile inévitablement). Souvent aussi, elles sauvent l’amoureux en question parfois de manière irréfléchie, ce qui est tout à fait compréhensible, mais est-ce que ça ne reviendrait pas à dire encore une fois que l’amour est la mission prioritaire d’une femme ? On dit souvent que sa vie est incomplète sans ça. C’est idem pour l’absence d’enfants d’ailleurs et bien que je ne m’étalerai pas sur ce sujet tout à fait différent, je fais un lien car j’ai déjà lu quelque part que les femmes ont moins de tendance à l’égoïsme parce que leur corps est fait de manière à penser pour deux contrairement aux hommes et je dois admettre que je suis assez partagée sur ce point. D’un côté ça me semble juste, mais de l’autre ça renforce les idées préconçues et les attentes qu’a la société de chacun des deux sexes qui ne doivent pas sortir de leurs cases (non pas que je ne prenne pas du tout en compte la question de genre mais je n’ai quasiment aucune connaissance là dessus alors ne m’en voulez pas please je ne tiens pas à discriminer qui que ce soit).

Par ailleurs, j’ai envie de faire la remarque que quelle que soit la nature du danger dans laquelle se trouvera un personnage féminin (même si elle ne correspond pas à l’idée d’une demoiselle en détresse au départ), c’est toujours à l’extérieur que celui-ci arrive… Doit-on encore rappeler que le foyer est très (trop) souvent le lieu où les femmes subissent le plus de violences ? Pourtant on nous laisse souvent penser que si elle était restée là où elle était (sous-entendu en sécurité, enfermée, et en compagnie de son protecteur supposé) il ne lui serait rien arrivé… C’est donc selon moi une mauvaise perception de ce qu’est la détresse (et par la même occasion du sauveur) et encore du victim blaming. Là tout de suite c’est à une scène en particulier du 2eme tome de la saga divergente à laquelle je pense (même si pour le coup c’est bien Quatre qui a raison, c’est pas la question) mais je ne doute pas qu’il y en a d’autres exemples.

loader_images_188.gif.pagespeed.ce.OFmbxkUliJJe ne me suis concentrée ici que sur mes lectures Young Adult. Pourtant je ne lis pas que du jeunesse. Mais je n’ai pas trouvé d’exemples sur lesquels m’appuyer dans la littérature adulte. Peut-être parce que je n’en lis pas encore suffisamment. En fait aucun de ceux que j’ai lus à mon souvenir ne comporte la notion de relation homme-femme donc pas de demoiselle en détresse en vue (ou alors je n’y ai pas prêté attention). Excepté peut-être une romance de Noël remplie de clichés que j’ai exécrée : Tendre veillée de Scarlett Bailey. Mais je ne sais pas si je qualifierais la personnage principale de « damoiselle », elle est juste complètement paumée. J’ai souvent entendu parler dans des vidéos Booktube de Charley Davidson (par Darynda Jones) et de Rebecca Kean (par Cassandra O’Donnell) ou encore Anita Blake (par Laurell K. Hamilton) que je n’ai jamais lus mais d’après ce que j’en ai compris elles sont très indépendantes. J’essaierai un jour car curieuse mais je ne suis pas sûre que ce soit un genre qui me plaise. Alors est-ce que ce phénomène ne s’applique qu’aux romans adressés à un public jeune ? Peut-être un peu plus mais je n’y mettrais vraiment pas ma main à couper. Le sexisme est présent aussi dans la littérature adulte, ça ne fait aucun doute. Mais c’est plutôt la manière de décrire une femme qui me dérange parfois lorsque le narrateur est masculin, ou le fait qu’elle ne soit là que pour raison sentimentale ou charnelle sans avoir de rôle plus développé ou de personnalité plus profonde, ou jugée par sa manière de s’habiller ou de vivre sa sexualité. On est donc plus dans la culture du viol que celui de la princesse délicate mais je ne crois pas qu’il n’y en ait plus du tout pour autant. J’aurais aimé en avoir un exemple concret désolée.

Quant aux classiques, j’en ai lu très peu je n’ai donc pas assez de connaissances pour vous en parler malheureusement.  Quand on remonte dans le temps à travers les siècles on se rend bien compte que la place de la femme y est très souvent inférieure, mais j’ose espérer qu’il y en a quelques exceptions. Je pense donc pour cette catégorie juste citer Cécile de Volanges dans les liaisons dangereuses (par Choderlos de Laclos) car elle est l’incarnation de l’innocence qui se fait conduire au déshonneur. Madame de Tourvel qui est très pieuse se fait elle aussi avoir mais je ne vois pas en elle la même naïveté, au contraire. Quant à la Marquise Merteuil… je crois qu’on peut autant l’admirer que la détester. Son côté manipulatrice empêche de voir la moindre détresse en elle, mais en même temps l’histoire se termine en échec pour elle, ce qui pourrait encore impliquer que l’homme gagne toujours. Par ailleurs, tous ses agissements sont faits en secret afin de garder sa réputation, ce qui démontre bien qu’elle est victime de la société. Peut-être qu’aujourd’hui elle aurait été qualifiée elle aussi de féminazi puisque cherchant à se venger de l’hypocrisie, de l’inégalité et de l’injustice. Je vous laisse ce lien à son sujet et qui montre en quoi elle aussi forte que vulnérable : par ici.

Quant aux mangas et bandes dessinées vous me pardonnerez mais je n’ai vraiment rien à vous dire car je connais très mal. A la limite je pourrais juste faire le reproche aux dessins vantant un certain type de physique mais ce n’est pas ma thématique. Je me suis concentrée sur la littérature ici mais il y en aurait aussi beaucoup à dire sur les séries TV et le cinéma (qui aujourd’hui se basent beaucoup sur des livres). L’une des raisons pour lesquelles j’aime autant Teen Wolf c’est d’ailleurs parce que les femmes présentes y sont toutes très fortes d’une manière propre à chacune et n’appréciant pas que les garçons se mettent devant elles, surnaturelles ou non, dans le bon camps ou pas ; chose que je n’avais plus constatée avec cette ampleur depuis Harry Potter. D’ailleurs j’avais fait il y a plusieurs mois un article dont je suis plutôt fière sur les personnages fictifs féminins qui m’inspirent le plus au monde, mélangeant séries, films et livres : there.

tumblr_mvlsr4sbZc1s5pomko8_r1_250Pour conclure cet article (enfin), je pense que malgré tout, le schéma de la damoiselle en détresse reste encore apprécié des nos jours parce qu’on le connaît depuis des siècles et qu’il est difficile de s’en défaire. Je doute qu’il soit voué à disparaître totalement et je ne pense pas que ce serait la meilleure solution. Parce que comme vous l’avez constaté tout au long de ce que j’ai expliqué (et un énorme merci si vous avez tenu jusqu’ici), il y a beaucoup de paradoxes et de choses à prendre en compte qui font que ça peut difficilement être parfait. Car si plus personne ne sauve personne dans nos romans alors on se retrouve face à un monde égocentrique et rien ne pourra avancer. Les éventuels troubles de la personnalité, le passé, l’évolution ou encore les sentiments des personnages influencent le déroulement des événements aussi. Tout comme l’époque à laquelle l’histoire se déroule. On peut donc vouloir que ce schéma continue tant que c’est bien fait. Et elle est là la vraie question : comment ? Je dirais que ce syndrome de demoiselle en détresse peut toujours servir de trame de base et qu’on peut partir dans des directions tout à fait différentes, que ce soit en prenant des libertés ou en utilisant du déjà vu. Eviter les clichés ça fait du bien, mais je sais aussi que certains plaisent toujours aux gens. Le plus adéquat me paraît être un mix des deux qui soit cohérent mais il n’y a pas de réponse universelle et définitive à la question. Le plus important est selon moi que ça reste le plus sain possible en ne discriminant personne et en n’excusant pas quelque chose de grave. Cet article propose d’ailleurs quelques pistes visant à limiter le sexisme (parfois involontaire) dans la littérature.

J’estime que la lecture pour jeunesse est très importante dans l’éducation et c’est pourquoi il est primordial à mes yeux de ne pas accentuer des propos influençant et perdurant cette société dominatrice et culpabilisante (cf : mes reproches à l’encontre de 50 shades, insaisissabe et Twilight). Car si un lecteur adulte (et encore que pas tous) pourra prendre du recul par rapport à une situation lue ou vue dans la fiction, un.e adolescent.e ne sera peut-être pas assez mûr pour, et ainsi la considérer comme normale et agir en conséquent. Je ne suis pas du tout pour la censure mais je pense qu’il serait judicieux de faire attention parfois, afin de les protéger d’eux-mêmes ainsi que s’assurer d’un futur le plus conscient possible ; après tout ils seront les adultes qui feront la société de demain, qu’on espère tou.te.s meilleure.

89svstwqBref, c’était un sujet beaucoup plus complexe que je ne le soupçonnais en le choisissant ! Et je suis sûre qu’il y en aurait encore à dire mais j’ai suffisamment écrit comme ça je crois haha Mes neurones sont satisfaits, merci Ninon ! Vous pouvez d’ailleurs aller sur la page Facebook ainsi que le compte Twitter du Femini-Books pour ne rien rater ! Et demain, c’est Ivre de livres qui nous parlera de Commando Culotte, tandis que Alex bouquine en Prada nous retrouvera en vidéo pour discuter de Libres ! Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels.

Et pour rester dans le sujet féministe, si ça vous intéresse, je vous renvoie à un article (bien plus court, promis) que j’avais pondu lorsque l’affaire Weinstein venait d’éclater et qui me tient très à coeur (sans rapport avec la littérature) : victim blaming et importance du langage et je vous incite à vous renseigner sur Louise O’Neil.

Et pour terminer sur une petite touche d’humour quant aux demoiselles en détresse et leurs preux chevaliers : watch this

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9 réflexions au sujet de « Femini-Books : le syndrome des demoiselles en détresse dans la littérature »

  1. Je n’ai lu aucun des livres que tu présentes parce que j’ai rapidement abandonné la littérature YA lors de mon adolescence. Surtout pour ce problème que tu décris si bien, les clichés et les schémas que l’on retrouve partout, dans chaque livre et qui me laissais un peu. Par contre je me retrouve dans certains de tes propos, j’avais tendance à m’identifier à Bella avant de me rendre compte que non, pas du tout, ce livre était dangereux. Idem pour 50 nuances de grey, c’est l’ouvrage que je cite tout le temps en exemple lorsque je combats la culture du viol. En livre jeunesse qui m’a énormément plu c’est la trilogie Du dernier Jardin, une dystopie poétique qui m’a vraiment chamboulé.

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    1. Mais oui moi aussi je me reconnaissais en Bella qui n’incite pas à la force et l’indépendance et rêvais d’un Edward qui est super creepy et autoritaire ! Ça fait un peu peur mine de rien haha ça montre aussi l’influence de la société, entourage, médias, éducation… Je comprends oui pourquoi certaines personnes fuient les YA du coup, je m’en suis mieux rendue compte en écrivant cet article à quel point c’est flagrant ce genre de schéma. Et pour 50 shades j’avoue que j’ai du mal à comprendre les féministes qui l’aiment parce que ça va plus loin que la libération sexuelle là… Ah cette dystopie justement ça fait très longtemps qu’elle est sur ma wishlist, elle m’intrigue bien 😊 on en parle peu je trouve en plus.

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  2. Si je n’ai lu que peu des titres que tu cites, j’ai vraiment aimé ce que tu as dis à propos de Ginny. Pour ce qui est des Liaisons dangereuse de Choderlos Laclos, l’auteur aurait prévus dans la première version de faire « gagner » la Marquise de Merteuil mais pour éviter la censure, il aurait du changer la conclusion de son roman… Quoi qu’il en soit, c’est un super article, très intéressant !

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    1. Merci beaucoup ! J’y ai passé tellement de temps sur cet article je suis contente que des personnes puissent l’apprécier 😊 Ginny est un peu une amie que j’aurais pu avoir à Hogwarts et qui m’aurait motivée je pense haha et merci pour l’anecdote sur les liaisons dangereuses ! Je l’ignorais totalement, ça le rend encore plus intéressant.

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  3. J’ai fini mon thé avant la fin 😉 je suis très admirative du travail. Tu as dû y passer des heures !!!
    Au risque de me faire lyncher, j’ai abandonné 50 nuances de grey au bout d’une centaine de pages. Les idées véhiculées me faisaient vomir, et en plus je l’ai trouvé super mal écrit. Et qu’on ne me dise pas que c’est un problème de traduction, je l’ai lu en VO ! Voilà, c’est dit, vous pouvez lâcher les chiens 😂😂😂
    Encore bravo pour ton article.

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    1. Oh merci beaucoup 🙂 et oui effectivement, j’ai été dessus toute la semaine haha surtout le soir. Du coup ça me fait plaisir si des personnes le trouvent intéressant ! J’ai aussi entendu ça pour l’écriture ! Ce n’est pas moi qui vais t’en vouloir de juger sur « si peu » de ce livre en tout cas ^^

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  4. Je trouve cet article très intéressant ! Je pense que ton sentiment que l’on régresse et dû à l’extension des genres new adult et mommy porn. Avant c’était limiter aux collections de romans à l’eau de rose un peu moqué, tendit que maintenant cela devient plus visible.

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    1. merci beaucoup ! 🙂 oui c’est possible, je n’y avais pas pensé. mais en même temps avec la visibilité plus importante du féminisme et donc les dénonciations, explications et preuves de violences (extra) conjugales, je trouve ça assez dingue qu’on continue encore à faire passer des idées nocives sans remise en question et même en les valorisant :/

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