Les monologues du vagin

Dans le cadre du club de lecture une chambre à nous créé par Cyrielle et Ninon, je me suis procuré la célèbre pièce de théâtre Les monologues du vagin, écrit par Eve Ensler. Je n’ai encore jamais participé à leurs sessions proposant différentes lectures liées au féminisme (bien que je sois inscrite au groupe depuis un petit moment), à la fois par manque de temps (ou plutôt parce que je lis lentement et que j’ai déjà beaucoup de livres dans ma biblio qui attendent d’être lus) et par manque de budget, et aussi parce que jusqu’ici si je ne doute pas de l’intérêt de chacun des livres qu’elles ont présenté, le résumé ne me parlait pas ou alors la crainte de ne pas supporter leur violence (hypersensibilité bonjour). Mais cette fois-ci il s’agit de théâtre (je parlerai sûrement de l’autre pièce choisie dans un autre article quand je l’aurai lue), genre que je ne lis que trop peu à mon goût et qui m’intéresse bien plus qu’auparavant, c’est rapide à engloutir et facilement trouvable d’occasion. Je suis donc contente de pouvoir participer et pourquoi pas échanger cette fois-ci 🙂 D’autant plus que ces monologues du vagin, j’ai vu plusieurs fois l’affiche dans les rues d’Avignon en juillet lors du festival auquel j’aime beaucoup me rendre, et ce titre m’avait intriguée ; je ne connaissais pas du tout mais n’ai pas eu l’occasion de voir le spectacle puisque j’en avais déjà 6 autres au programme donc je ne pouvais faire plus.

couv36156797.gifJe vous laisse le résumé ici (copié sur Livraddict) :
Depuis leur parution aux Etats-Unis en 1998, Les Monologues du vagin ont déclenché un véritable phénomène culturel : rarement pièce de théâtre aura été jouée tant de fois, en tant de lieux différents, devant des publics si différents… Mais que sont donc ces Monologues dans lesquels toutes les femmes se reconnaissent ? Il s’agit ni plus ni moins de la célébration touchante et drôle du dernier des tabous : celui de la sexualité féminine. Malicieux et impertinent, tendre et subtil, le chef-d’œuvre d’Eve Ensler donne la parole aux femmes, à leurs fantasmes et craintes les plus intimes. Qui lit ce texte ne regarde plus le corps d’une femme de la même manière.

 

Je n’aurai pas beaucoup à ajouter à celui-ci. Le côté différents témoignages maniés à la manière théâtre est intéressant et rend le tout d’autant plus réel. On y dédiabolise le sexe féminin, ce qui fait franchement du bien puisque même en 2017 c’est encore tabou, soit presque 10 ans après l’écriture de cette œuvre, de quoi faire réfléchir… Eve y dénonce bien le fait que tout ce qui a trait à la sexualité de la femme doit être tu, pas seulement au niveau de l’acte sexuel mais aussi à celui du simple élément de l’anatomie qu’on ne nomme que rarement « vagin« , choisissant d’autres surnoms pour que ça passe mieux, celui de l’accouchement et celui des règles ; ce qui a pour conséquence de presque effacer son existence donc son importance et surtout de faire perdurer les horreurs qui existent encore dans le monde (viols et mutilations génitales) puisqu’on n’en parle pas justement : que ce soit plaisir ou souffrance, c’est associé au sentiment de honte voire de dégoût, parce que c’est que le patriarcat impose depuis des millénaires.

J’ai apprécié le mélange de femmes qui aiment et parlent librement de cette partie du corps ignorée, cachée et même modifiée par la société (je ne pense absolument pas au fait que le clitoris ne soit pas apparent dans la plupart des manuels scolaires de SVT, non non) et de celles qui témoignent de traumatismes si abjects que je n’en trouve pas les mots. Celles qui sont étonnées et soulagées qu’on les écoute, celles qui s’assument pleinement, celles qui sont en colère, celles qui souffrent, celles qui survivent à l’impensable et s’en servent pour aider plutôt que se venger… Ce texte est très réaliste dans le sens où il a ce côté joyeux et doux presque poétique qui donne de l’espoir, de la bienveillance et de l’acceptation, et en même temps un autre côté plus cru, dur, violent, qui dénonce l’inacceptable alors que l’être humain a pourtant évolué dans bien d’autres domaines ; et même le passage traitant de l’accouchement n’est ni embelli ni amoché, ce qui selon moi montre de manière fidèle le paradoxe de ce qu’il est sans qu’on n’y pense suffisamment, comme si seul bébé comptait. Je dirais donc que ce livre m’a à la fois apaisée, révoltée et terrifiée. Et que j’admire encore plus le courage et la force des femmes qu’auparavant (c’est même limite si je ne m’en veux pas un peu de ne pas l’être moi aussi et l’impression d’être une petite fille en comparaison).

NOTATIONLa seule raison pour laquelle je n’attribue pas une note parfaite à ma lecture est extrêmement personnelle car c’est tout simplement parce que je suis très sensible et pas du tout à l’aise avec mon corps et la sexualité (pour plusieurs raisons différentes mais deux majeures que je ne développerai pas ici puisque hors sujet et assez personnel), ce qui fait que certains passages m’ont dérangée, sans que je ne remette pour autant en question sa vérité ni son utilité, attention, aucun jugement.

Peut-être donc qu’un jour j’irai voir son adaptation sur les planches si j’en ai l’occasion, car ce doit être une expérience assez différente de la simple lecture que de voir et écouter ces histoires, je suis d’ailleurs curieuse de la façon dont tout ça peut être mis en scène ! Et merci aux deux filles pour cette découverte 🙂 j’ai l’impression d’en ressortir un peu grandie même si je n’y ai pas forcément appris des choses que j’ignorais.

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