L’étrange disparition d’Esme Lennox, Maggie O’Farrell

03Résumé : A Edimbourg, un asile ferme ses portes, laissant ses archives et quelques figures oubliées resurgir à la surface du monde. Parmi ces anonymes se trouve Esme, internée depuis plus de soixante ans et oubliée des siens. Une situation intolérable pour Iris qui découvre avec effroi l’existence de cette grand-tante inconnue. Quelles obscures raisons ont pu plonger la jeune Esme, alors âgée de seize ans, dans les abysses de l’isolement ? Quelle souffrance se cache derrière ce visage rêveur, baigné du souvenir d’une enfance douloureuse ? De l’amitié naissante des deux femmes émergent des secrets inavouables ainsi qu’une interrogation commune : peut-on réellement échapper aux fantômes de son passé ?

240 pages.

Mon avis : Cette lecture remonte au mois de septembre alors ça fait un sacré bout de temps mais il fallait absolument que j’en fasse une chronique ! Je n’ai certes pas la mémoire aussi fraîche qu’à ce moment là mais j’en ai un souvenir quand même très clair puisque j’affirme que ce fut un coup de coeur de l’année 2016 pour moi même s’il n’est pas récent (date de 2009 je crois). Je remercie infiniment ma jolie Fanny puisque c’est parce qu’elle me l’a glissé dans notre swap que ce petit livre d’aspect tout à fait banal s’est retrouvé entre mes mains ; sans quoi je serais passée à côté puisque je ne connaissais pas, et même si je l’avais croisé sur mon chemin je ne pense pas que je me serais décidée à l’acheter.

Je vais quand même essayer de faire le plus bref possible pour une fois (oui oui je n’écris que des pavés je sais haha) puisque c’est tout l’intérêt de cette histoire : en savoir le moins possible ! Sachez par ailleurs qu’il est court et se lit très vite. Je préfère vous prévenir que le début est très confus : on a trois générations différentes donc j’ai au départ eu du mal à me situer mais ne laissez pas ça vous faire abandonner car ça finit par venir, ne vous inquiétez pas 🙂 Le fait qu’il n’y ait pas de chapitre m’a au départ fait peur également mais finalement ce n’est pas un mauvais point, au contraire même je dirais que ça fait sens par rapport au récit et c’est donc encore plus difficile d’en décrocher une fois bien dedans !

Nous suivons donc au fil des pages deux personnages féminins à deux époques et lieux différents qui ont un lien familial qui leur était inconnu pendant de nombreuses années. D’un côté, Esmé, vit en Inde avec sa soeur et ses parents et bien qu’il n’y ait pas de date je soupçonne que ça se passe pendant les années 30 puisqu’ils finissent par déménager en Ecosse et même si l’empire colonial n’est jamais très précisé on le comprend. Iris quant à elle doit soudainement s’occuper d’une grand tante dont elle ignorait l’existence puisque l’asile dans lequel elle est internée depuis presque toujours doit fermer ses portes. Et nous, lecteurs/trices, nous interrogeons autant qu’elle sur son passé trouble : que s’est-il passé pour que sa vie se retrouve ainsi bouleversée du jour au lendemain de manière visiblement irrémédiable ?

L’alternance entre le passé et le présent est plutôt bien faite, et les passages sur cette époque sont justement écrits de manière confuse afin d’aiguiser notre curiosité. C’est à travers Iris qu’on nous dévoile peu à peu qui elle est. Vous vous en doutez, c’est à la presque fin qu’on a LA réponse qui m’a personnellement fait froid dans le dos. Âmes sensibles, se préparer. Je dois dire que je n’ai absolument pas compris les réactions de la famille d’Esme, j’en ai été perplexe mais j’imagine qu’il faut se situer dans le contexte de l’époque et de leur rang social…

J’ai particulièrement apprécié l’ambiance tout à fait particulière tout au long du roman, le problème étant que je ne saurais pas en trouver d’adjectif pour la qualifier. Et pour terminer, la fin… mais cette fin ! Je ne ferais bien sûr aucun spoiler mais elle m’a laissée bouche bée. Je dirais qu’elle est aussi bien fracassante que géniale. De plus, l’autrice ne s’encombre pas de conclusion apaisante : on s’arrête là dessus et c’est terminé ; ça peut paraître violent de ne laisser personne reprendre son souffle, mais je trouve qu’au contraire c’était un choix parfait pour conclure ce récit intriguant (la preuve c’est que ça m’a suffisamment marquée pour que je m’en souvienne avec autant de détails). Dernière chose inutile mais que je voulais préciser : j’ignore pourquoi mais avant d’être dans ce bouquin je m’étais imaginé qu’il y avait du surnaturel (à cause du mot fantôme du résumé sûrement) et en fait pas du tout mais ça n’a en rien été quelque chose de décevant, au contraire !

En quelques mots, l’étrange disparition d’Esme Lennox c’est : un gros secret de famille, l’Inde lorsque l’Angleterre était à son apogée, l’Ecosse brumeuse, deux points de vues différents, un passé qui refait surface au présent, une atmosphère confuse par ses non dits dont on sent la présence, des révélations qui font mal et un dénouement tout à fait surprenant.

coup de coeur

Ma note : notation odd esme lennox.jpg

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2 réflexions au sujet de « L’étrange disparition d’Esme Lennox, Maggie O’Farrell »

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