Café givré, Suzanne Selfors

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Résumé : « Vous croyez aux signes ? La foudre qui frappe une voiture dont vous sortez à l’instant, un chat noir qui traverse votre chemin… Vous voyez ce que je veux dire ? Le hasard, peut-être. Moi, je n’y ai jamais cru, à ce genre de trucs. Avant de le rencontrer, lui » Chez Anna est un petit café où le temps s’est arrêté. Katrina y vit paisiblement avec sa grand-mère. Jusqu’au jour où la magie et la poésie s’immiscent dans sa vie…

400 pages.

 

Mon avis : Ce bouquin je l’avais acheté en janvier 2015, essentiellement pour sa couverture que je trouve très jolie et apaisante tout en restant dans la simplicité, dans l’intention de le lire pour le cold winter challenge. Finalement ça ne s’est pas fait, et après je ne me voyais plus lire ça à une autre période que celle qui est hivernale. Je crois que j’avais vu Marine (Tartinneauxpommes) en dire du bien mais je ne suis plus très sûre. Cette année donc, j’ai décidé de le ressortir à nouveau pour le cold winter challenge, car je savais que si ce n’était pas maintenant que je me mettais dedans ça repousserait encore à l’année suivante ! C’est donc la première lecture que j’ai choisi après le salon de Montreuil. Je ne m’y suis pas mise tout de suite car pour ceux qui me suivent un peu, vous savez que ce salon me fait ressentir tellement de trucs forts qu’il est difficile de revenir à la vie « normale » sans en être triste. J’ai au début été assez lente puis finalement j’ai pas mal avancé pendant mon stage en librairie mi-décembre (ce n’était trop la bonne période pour apprendre le métier, trop de monde qui font leurs cadeaux de Noël, plus de commandes ni de réception une semaine avant, trop juste) donc j’ai continué sur ma lancée quand je l’ai terminé ; et puis je dois dire qu’il se lit assez rapidement en fin de compte ! On n’a pas l’impression qu’il fasse 400 pages (en partie parce que c’est écrit assez gros) bien que ce ne soit pas le genre de bouquin rempli d’action, au contraire !

Le souci c’est que je ne saurais pas vraiment quoi raconter sur cette lecture. Il me semblait que Margaud (qui s’occupe du challenge) l’avait déjà lu alors je lui ai demandé vite fait son avis sur Twitter, ce à quoi elle m’a répondu qu’elle n’en n’avait pas un souvenir transcendant, ce que quelqu’un d’autre a confirmé. A peu près en même temps, Virginie (pluie de mots) en publiait une photo sur instagram qualifiant cette lecture de doudou. Alors je n’y suis allée ni à reculons ni avec grande envie ; je n’en n’attendais tout simplement pas grand chose bien qu’avec l’espoir que ça ne me replonge pas encore dans une panne de lecture (comme l’avait fait « tendre veillée » de Scarlett Bailey l’an dernier). A vrai dire je n’étais d’ailleurs pas encore d’humeur à lire quelque chose d’épique, car trop fatiguée moralement parlant pour ça. J’avais juste besoin de quelque chose de simple et de calme qui puisse me remettre doucement dans le bain de la lecture. Et Café givré s’est montré être le livre tout à fait adéquat à ce moment / cette humeur !

Je n’en garde donc effectivement pas un souvenir intarissable moi non plus mais je suis tout de même contente de l’avoir lu ! D’une part parce que ça me faisait un livre à inclure dans la potentielle réussite du challenge, de l’autre parce que je pouvais également l’éliminer de ma PAL assez conséquente. Et aussi parce que c’était assez apaisant, ce dont j’avais besoin, et surtout parce que ça me préparait doucement à me plonger dans l’ambiance de Noël qui n’était pas encore très présente à la maison (ma mère travaillant beaucoup elle était assez absente et le sapin n’a été installé que le 10 décembre).

Nous y suivons donc le personnage de Katrina qui lorsqu’elle n’est pas au lycée, passe son temps à travailler gratuitement dans le café « chez Anna » de sa grand mère (qui est la seule personne de sa famille qui lui reste et qui l’a élevée (avec son grand père mais qui n’est plus de ce monde au moment de l’histoire de ce roman) après un tragique accident dans lequel ses parents y ont laissé la vie alors qu’elle n’était qu’un bébé) afin de l’aider car sa santé décline, et aussi et surtout parce que les affaires vont mal. Et c’est là l’un des gros points centraux de Café givré : en effet, un autre café beaucoup plus moderne « Java Heaven » s’est installé juste à côté et attire toute la jeunesse de cette petite ville, leur faisant tellement de concurrence que « Chez Anna » est en train de plonger, et cette gentille grand mère essaie de protéger sa petite fille en lui cachant le fait qu’elle n’arrive plus à payer ses dettes ni le loyer par refus qu’une adolescente ne vive pas sa jeunesse comme tout le monde. L’histoire se passe en Norvège et c’est un point que j’ai apprécié car peu courant et tout à fait adéquat à l’hiver, d’autant plus qu’on y découvre quelque peu de vieilles traditions nordiques de Noël (on parle davantage de Saint Nicholas ici que du papa noël coca cola bien portant en rouge et blanc). J’aurais quand même aimé en savoir un peu plus à ce sujet, on en sait trop peu et je dois dire que le Noël scandinave me rend curieuse car il a l’air plus mystérieux et moins commercial que celui que nous connaissons.

L’autre grande trame de cette histoire est l’amitié de très longue date entre Katrina et Vincent (champion de nage du lycée qui compte dessus pour obtenir une bourse d’études) qui va connaître pour la première fois des obstacles, ce qui va être difficile à gérer pour l’un comme pour l’autre. Je dois dire que la possession et jalousie de Katrina m’a un peu énervée, mais en même temps, compte tenu sa situation c’est assez compréhensif. De même que l’incompréhension de Vincent m’a étonnée et agacée, je le comprend également. Leur fierté à chacun est quand même assez pénible et un peu immature mais normale à ce stade de leurs vies. Ce que j’ai le plus apprécié là dedans c’est que cette relation qui évolue, le temps qui passe (ils vont bientôt chacun partir dans une université probablement différente), nous montrent bien que les amitiés peuvent changer sans que personne n’en soit tout à fait responsable ni que ce soit volontaire. Ce livre étant orienté jeunesse j’apprécie qu’il explique d’une manière subtile et jolie à la fois que : ce n’est pas grave de changer, de grandir, d’avoir sa propre opinion ; ce n’est pas grave de s’éloigner et changer d’horizon, que ça ne veut pas dire pour autant que tout était faux. Et que oui, c’est triste, mais qu’il est important de trouver soi-même son chemin au lieu de se rendre malheureux à se sacrifier pour satisfaire les attentes qu’ont les autres de vous (aussi proches vous soient-ils) ou parce qu’on a peur de perdre une personne à qui l’on a tenu en constatant que la compatibilité / compréhension n’est plus au rendez-vous. De même qu’il fait également comprendre que lorsqu’il y a une véritable affection, il faut parfois savoir mettre sa fierté dans sa poche et faire des efforts chacun de son côté sans forcément partir dans de grandes tirades.

Et enfin, LE sujet qui sort un peu de l’ordinaire de cette histoire, c’est l’apparition d’un jeune homme pour le moins étrange sorti de nulle part et qui commence par faire peur à notre Katrina avant qu’elle ne se rende compte que sa bizarrerie est tout sauf psychopathe mais au contraire bienveillante. Sans vous préciser de quelle manière, on part quelque peu dans le surnaturel mais juste assez pour que ça reste crédible. Moi il m’a fait rire. Vous vous doutez bien que les deux jeunes gens vont s’attirer, et bien qu’au vu de la nature de Malcom, cette relation soit vouée à l’échec, j’ai bien apprécié la jolie fin sur laquelle se termine l’histoire (même si assez prévisible). Le café (lieu comme aliment) a d’ailleurs une importance capitale et assez fun qui n’est pas lié qu’à la vieille Anna mais tout autant à ce jeune homme. Je dirais même qu’il est le point de connexion de tous les personnages, c’est lui qui crée, défait ou renforce les liens des uns entre les autres. Etant moi-même une grande buveuse de thé et non pas de café (berk !) je dois dire que ça ne m’a pas énormément parlé, je me sens moins concernée.

Katrina n’a pas non plus de vrais projets professionnels précis (pour lesquels on lui met la pression) contrairement à Vincent et son autre meilleure amie (dont j’ai oublié le prénom désolée), et là-dessus je la comprend et me reconnais : la grande difficulté à trouver sa place ! Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? qu’est-ce qui me plait vraiment ? En quoi suis-je douée ? ai-je même quelque chose de spécial comme tout le monde autour de moi ? Pourquoi suis-je la seule à ne pas savoir me projeter ? ai-je même la capacité / force d’atteindre un avenir possible ailleurs ? C’est peut-être même LE thème qui ressort de tous les points qui composent cette histoire que je viens de citer.

J’ai donc passé un agréable moment avec cette lecture, même si ne pense pas la relire un jour. Je ne dirais pas que je la conseille absolument, mais loin de moi l’idée de vous freiner. Je vous conseillerais juste de ne pas trop en attendre car c’est ce qui pourrait décevoir (comme ça a été le cas pour Margaud d’après sa chronique). Prenez ça comme une lecture détente pour passer le temps, ni plus ni moins. Je ne me suis pas vraiment attachée à aucun des personnages et j’aurais aimé en découvrir plus sur la Norvège, c’est parfois assez maladroit et nous n’échappons pas aux clichés. Mais je trouve que ça se prête tout à fait à la période hivernale (surtout en fêtes de fin d’année) et qu’il faut le lire assez rapidement (car si j’avais trop trainé je ne doute pas que je me serais lassée) dans un moment où vous avez besoin d’apaisement : que ce soit à cause du stress de la folie de la course aux achats, celui de tout préparer comme il faut les soirs de réveillon, ou bien si comme moi ces périodes festives vous dépriment plus qu’elles ne vous réjouissent, pour un peu que d’autres soucis s’y ajoutent… Café givré sera alors comme un petit flocon de neige éphémère qui pourrait vous réchauffer quelque peu le cœur pour un court instant avant que vous ne passiez à autre chose en ne retenant que la sensation de calme agréable et soyez un petit peu requinqué, d’attaque à lire une histoire plus intense. C’est selon moi le parfait combo pour un entre deux lectures pleines d’action (quel que soit le genre) desquelles on espère beaucoup, histoire de calmer le jeu pour éviter le trop plein d’émotions. D’ailleurs, ensuite j’ai entamé le tome 2 des outrepasseurs de Cindy Van Wilder, et je suis en plein dedans en ce moment donc je peux vous confirmer cette impression (j’avais lu IRL d’Agnès Marot juste avant Montreuil) ! 🙂

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