Chère Angel… Baie de Taiji

sixangelJe vous recopie juste ici un texte que j’avais écrit en 2014 que je n’ai pas du tout retouché. Pour comprendre de quoi il traite, je vous invite à regarder ma dernière vidéo que je vous mets en lien ici juste en-dessous. Parce que le son fait qu’on ne comprend pas forcément bien ce que je dis ou parce qu’on est plus concentré sur les images que sur ce qui est dit, j’ai pensé qu’il serait bien que je mette ce texte à disponibilité pour que vous puissiez suivre ce que j’y raconte plus tranquillement. Le blog et la chaîne étant liés, c’était logique. Et plus pratique que la barre d’information que tout le monde ne regarde pas forcément. N’hésitez pas à vous renseigner davantage à ce sujet et me poser des questions si vous le souhaitez bien qu’il y ait très certainement encore des choses que j’ignore. J’espère que j’aurai réussi à vous interloquer là dessus si vous n’étiez pas au courant du tout de l’envers du décor de Seaworld & cie (même si ici même je ne me concentre que sur un seul point parmi tant d’autres bien que ce soit le plus sanglant) et vous pousser à vous interroger, ou à confirmer vos doutes déjà présents. Partagez l’info (pas avec des égocentriques fermés d’esprits, c’est inutile vous ferez face à des murs) le plus possible, il n’y a qu’en propageant la vérité qu’on arrivera progressivement à arrêter ça.

Atroce. Ce son, ce bruit, est absolument insoutenable. Nous sommes tous terrorisés. On nous repousse tous vers un même endroit. Et je suis persuadé que c’est très mauvais signe. Mon instinct sonne une alarme en moi : le pire est à venir. Mes amis, ma famille, ressent la même chose, j’en suis sûre. Tout ce qui m’importe, c’est de protéger mon bébé. Soudain, nous sommes tous coincés. Une prison nous entoure. Plus moyen de rejoindre la pleine mer, ce monde si vaste et rempli de beautés plus mystérieuses les unes que les autres et qui nous est si cher. Mon petit est terrifié et je ne peux rien faire pour le calmer. Je le suis tout autant. Nous le sommes tous. Le temps passe, la nuit tombe, et rien ne change. Mais ce n’est en rien rassurant, bien au contraire, c’est comme si une atrocité sans nom allait s’abattre sur nous et que la lune et les étoiles nous préviennent. Mais il n’y a rien que l’on puisse faire.

La lumière pointe son nez et les voilà qui arrive. Eux. Ces êtres si étranges que beaucoup d’autres êtres vivants que nous fuient. Mais nous ils nous aiment, non ? On en a déjà aidé plusieurs fois, on joue avec eux dans les vagues quand ils essaient de nous ressembler, on les suit quand ils sont sur un monstre bizarre qui les fait traverser la mer ou l’océan. Ils ne peuvent pas nager comme nous. Ils sont étranges mais nous avons toujours entretenu une sorte d’amitié. Ils vont donc nous sortir de là, pas vrai ? Ce serait logique. Mais alors pourquoi est-ce que plus ils se rapprochent, plus mon sentiment de malaise et de peur s’accentue ? Mes frères et sœurs s’agitent eux aussi. Il y a plusieurs mamans et bébés parmi nous.

Et soudain, l’impensable, l’intolérable arrive. Ça y est. Je me souviens. Ce sont des hommes. J’ai fait l’erreur d’oublier à quel point cet être vivant pouvait être cruel. L’un d’entre eux vient de blesser l’un d’entre nous. Le voilà qui recommence. Et mon frère, ou ma sœur, que sais-je, je suis bien trop choquée pour arriver à voir qui est la victime, je n’entends que ses hurlements déchirants. Est-ce réel ? Voilà d’autres hommes qui arrivent, sur leur petit monstre qui fait du bruit. Je crois qu’ils appellent ça un bateau. Nous sommes encerclés. Et les voilà qui nous tuent, nous massacrent. Pourquoi ? Un bébé meurt sous mes yeux, sa petite queue sanglante battant l’eau le plus vite possible, comme pour s’accrocher à sa petite vie si courte. J’essaie de protéger le mien, si vulnérable par sa différence de couleur de peau. J’ai parfois même dû le défendre contre les miens. C’est un bain de sang. J’aperçois un de mes frères se jeter volontairement sur un rocher pour écourter ses souffrances. Nous nageons tous le plus vite possible mais il nous est impossible de nous échapper à cause de ce filet immense. Pas d’échappatoire, aucune sortie de secours, ni aucune aide de qui que ce soit. Nous sommes cernés, sans défense, fichus. L’eau est de plus en plus rouge. Ma tête est sur le point d’exploser en entendant tous nos hurlements déchirants en même temps que ceux, atroces, remplis de haine, de ces hommes. Je remarque que certains d’entre nous ne sont pas tués mais hissés à bord des bateaux, dans des filets. Devrais-je être encore plus désolée pour ceux-là ? Est-ce pire que de mourir d’agonie dans cette petite baie où personne ne peut voir ce qui nous arrive ? J’ignore le sort qui leur est réservé, mais de ce que je vois, ça ne peut rien présager de bon. Mon instinct me dit qu’il ne faut en aucun cas que je les rejoigne, ni moi ni mon petit, alors je les pleure comme je pleure les corps devenus silencieux qui m’entourent. Car quelque chose me dit que s’ils restent en vie avec ces hommes si cruels, la suite va bien au-delà de tout ce que je peux imaginer.

Mais tout à coup je ne pense plus à rien : mon petit a disparu. Je ne le vois plus. J’aurais pourtant reconnu son appel à l’aide entre mille. Il n’a pas pu être blessé si impitoyablement sans que je m’en rende compte. Il était toujours avec moi. Je nage d’un bout à l’autre de la baie en évitant le plus soigneusement possible les bateaux et me faisant la plus discrète possible. Le sang de mes compères m’aveugle, mais mon sonar est infaillible. Je l’appelle. Puis j’entends sa réponse, toute proche. L’espoir revient en moi, en même temps qu’une appréhension bizarre… Je remonte à la surface. Et c’est comme si j’étais morte. Je ne suis plus dans mon corps. Mon bébé. Son tout petit corps si pâle, ses petits yeux rouges si implorants. Là, dans ce bateau, dans les bras de cet homme. En vie. Mais à quel prix ? Il ne peut pas s’échapper. Je ne peux plus rien pour lui. C’est fini. Je ne le verrai plus jamais. Ils vont s’en aller avec lui. J’ai échoué.

Ils sont presque tous morts. Les autres, capturés. On m’a tout enlevé. Ma liberté, ma famille. Le plus important, la seule chose qui m’aurait incité à continuer de me battre malgré le traumatisme indélébile, m’a été arraché sous les yeux et me regarde d’un air de défi si cruel, que je ne peux pas supporter de continuer de regarder et écouter le fruit de ma création si fragile et implorant aux bras de ces immondes créatures. Il va vivre une éternité de souffrance dont j’ignore les détails, et je suis totalement impuissante, je n’ai aucun moyen de l’en empêcher. Je souhaiterais presque qu’il meurt de peur et de stress, tout de suite. Ça ne pourrait être pire que le sort qu’ils lui réservent. Alors après un dernier hurlement sans nom et la sensation constante que mon cœur éclate, je coule… Et je ne reprends pas ma respiration. Je n’en n’ai plus la force, ni l’envie. A quoi bon ?

Le dernier mot qui me vient à l’esprit : pourquoi ? Angel, je t’aime… et courage à toi.

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