L’écriture et moi

photo-ecritoire-2.jpgEn 2012, j’avais pris comme option (appelée unité d’ouverture) à la fac : écriture fictions brèves. J’avais beaucoup aimé, bien que parfois j’avais vraiment du mal ! Cet atelier consistait à écrire une histoire, partant d’un point de départ que la « prof » nous donnait : un thème devant y être inclus, une première phrase de laquelle partir,…etc. et nous avions une heure, ce qui pour moi était une vraie contrainte car quand l’inspiration ne vient pas, c’est trop court pour trouver et encore plus pour que ce soit comme je l’aurais souhaité (je déteste partager quelque chose quand je n’en suis pas pleinement satisfaite). Mais bien sûr, et fort heureusement, nous étions ensuite libre de compléter et modifier ce que nous avions une fois chez nous, le but n’étant pas de rendre nos « travaux » à la fin de chaque cours mais d’en donner au moins trois au total pour le semestre (seule condition pour valider l’UO), peu importe quand. La dame qui s’occupait de cet atelier nous donnait des conseils et faisait des commentaires mais ne donnait jamais de notes ! 🙂 Et pour animer le cours, ceux qui le voulaient faisaient partager aux autres ce qu’ils avaient écrit à chaque fin de cours ; elle laissait environ 1/2 heure pour ça et nous encourageait à prendre la parole sans nous forcer pour autant.

Je vous explique tout ça afin que vous compreniez dans quel contexte j’ai écrit ces mini fictions. Car quand je vois que beaucoup de blogueurs / booktubeurs écrivent, voire aimeraient voir leur histoire publiée un jour, je ne me sens pas vraiment concernée, voire sans talent ! lol Tout simplement parce que pour moi, écrire une histoire est assez difficile et je n’ai clairement pas assez confiance en moi pour ça ! Je suis bien trop exigeante envers moi-même. Mais ce n’est pas le seul « problème ». Disons que j’écris, et j’aime ça, mais pour me libérer l’esprit, me soulager, et donc sur des choses très personnelles. Une thérapie en somme (qui n’est peut-être plus assez efficace soit dit en passant). Inventer une histoire de toute pièce, c’est complètement différent. Pendant ma scolarité, j’adorais les expressions écrites pour lesquelles j’avais des notes parfois correctes, parfois très bonnes, ça dépendait vraiment et du thème et du prof (car oui, 2 profs peuvent mettre une note complètement différente pour une même rédaction, c’est hyper subjectif !). Mais c’est là la grande différence entre moi et tous ces auteurs en herbe ou non : j’ai toujours eu un point de départ qui me guide (une phrase, un thème, un mot, une lettre à laquelle répondre, un contexte…), et à partir de là mon imagination se développe, ou pas, et j’en suis satisfaite, ou pas ! C’est très subjectif, mais faisable car quand ça vient, je sais que tout va venir petit à petit, au feeling, au fur à mesure de l’écriture, rien de planifié à l’avance. Alors que partir de rien, mais vraiment rien du tout, le néant total, et créer quelque chose de toute pièce (personnages, univers, lieu, intrigue… tout !) me parait inaccessible.

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J’ai donc eu envie de vous faire partager une de ces fictions brèves que j’ai écrites à l’époque, dans le cadre de cette option ma foi très sympa (même si je courais d’une salle de cours à l’autre qui étaient carrément opposées lol). Je l’avais commencée sur place puis continué chez moi, mais pour tout vous dire, je ne sais même pas si je la considérais comme terminée ou bien si je n’en n’ai tout simplement pas eu le temps et l’ai oubliée. Peut-être qu’un jour je me repencherai dessus, car je sais que depuis 2012 j’ai changé (même si 3 ans ça parait peu, il s’est passé pas mal de choses dans ma vie) et donc suis quasiment sûre que je ne l’écrirais pas de la même manière aujourd’hui et modifierais quelques trucs. Quoi qu’il en soit, ça fait plaisir de retrouver ça et de me relire car j’avais complètement oublié ce que mon imagination avait inventé à ce moment et j’ai même presque l’impression de lire une petite histoire écrite par une autre personne, extérieure, plus ou moins étrangère que je ne connais que vaguement. J’ignore si ça fait sens à vos yeux. Mais je pense que c’est ce à quoi sont confrontés beaucoup d’auteur(e)s, la tentation de revenir sur ce qu’ils avaient écrit il y a quelques années ou même mois !

Ici, l’intervenante nous avait donné pour trame de départ une première phrase, à partir de laquelle on pouvait faire ce qu’on voulait tant que le texte commençait bien par celle-ci ; on pouvait tout aussi bien se concentrer sur cette phrase (que j’aurais mis en gras), tout comme faire en sorte qu’elle ne soit qu’un détail insignifiant, simple point de départ sans importance au vu de ce qu’on inventerait par la suite. Peu importait. Je vous laisse donc lire ça si ça vous intéresse et n’hésitez pas à me faire partager vos avis ! 🙂 J’insiste quand même sur ce point : gardez bien en tête le fait que j’étais plus jeune de presque 4 ans et n’étais donc pas tout à fait la Clémence que vous pouvez plus ou moins cerner par le biais de ce petit blog ou bien de mes vidéos. Si jamais l’envie me prend un jour de reprendre ce texte, je vous le ferai partager pour qu’on puisse constater les différences, ça pourrait être sympa ? à méditer… En attendant… Bonne lecture j’espère ! 🙂

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Qui suis-je ?

C’était très étrange dans cette maison, l’ascenseur ne fonctionnait plus… Pourquoi diable le conserver s’il n’était plus d’aucune utilité ? Je n’avais d’ailleurs jamais vu d’ascenseur dans une maison. Un immeuble oui, mais une maison ? Peut-être une personne handicapée y avait-elle vécu.

Mais ce n’était pas cela le plus étrange. Non, ce qui m’a surtout attiré l’attention c’est que toutes les personnes qui passaient devant semblaient angoissées, elles pressaient le pas sans y accorder un regard. Pas de la manière où l’on ne fait pas attention, mais de celle où l’on veut éviter, fuir quelque chose à tout prix. J’ai même entendu dire que lorsque les enfants ne sont pas sages, on ne leur fait plus peur en parlant du bon vieux croque-mitaine comme il fut le cas à une époque, mais en les menaçant de les enfermer dans cet ascenseur pendant une certaine durée indéterminée. Seuls. Jusqu’à ce qu’ils se soient calmés ou excusés. Alors quoi, un fantôme l’habitait, un démon peut-être, c’est ça ? Il n’y a pourtant pas plus terre à terre qu’un adulte. Les enfants eux rêvent encore et voient des choses que leurs parents qualifient du fruit de leur imagination et disent qu’ils le comprendront quand ils auront grandi. La vérité c’est que les adultes sont des froussards, voilà tout. Ce sont eux qui devraient être enfermés et confrontés à leurs peurs, au lieu de se cacher derrière une soi-disant autorité et maturité alors qu’ils se voilent la face : ils sont devenus aveugles et nostalgiques. Jaloux peut-être. Alors ils font peur à leurs enfants et abusent de leur confiance des plus naïves en leur faisant croire à des histoires qu’ils savent fausses. Pourtant je peux vous assurer que j’ai vu plus d’adultes glacés de terreur à l’approche de cet ascenseur et d’enfants curieux et insouciants que l’inverse.Un meurtre y aurait-il eu lieu et plus personne n’osait alors s’en approcher, de peur de déclencher une malédiction peut-être ? Décidément les humains avaient des réactions bien étranges que je ne comprenais pas.

Oui car moi, autant que vous le sachiez tout de suite si vous ne l’aviez pas déjà deviné, je ne suis pas comme eux. Personne ne peut me voir. Cet ascenseur, ces légendes qu’on raconte, ces monstres, ces créatures ou tout ce que vous pourrez encore trouver d’autre, ne me font pas peur. Pourquoi dites-vous ? Oh c’est très simple ! Rien ne peut plus me faire de mal à présent : je ne peux pas mourir, je suis déjà morte ! Vous vous demanderez sans doute comment c’est arrivé. Malheureusement je risque fort de vous décevoir, car je ne saurai vous répondre. Oh pas parce qu’il faut que cela reste secret ou que c’est trop difficile à admettre ni trop horrible à entendre pour vos délicates oreilles et que je risque de vous heurter, car après tout c’était à vos risques périls, il ne fallait pas me lire. (Sachez d’ailleurs que vous pouvez dès à présent arrêter votre lecture, passer à autre chose et m’oublier comme vous m’avez découverte. Mais il y a de fortes chances pour qu’à ce stade il soit trop tard pour reculer car j’ai aiguisé votre curiosité.) Non, la vérité c’est que je ne le sais pas moi même, tout simplement. J’ignore ce qu’il m’est arrivé, je ne sais même plus combien d’années, de siècles peut-être, se sont écoulés depuis que ça s’est passé. J’ai perdu toute notion du temps, je n’ai plus aucun souvenir de ma vie d’avant, ni même ne me souviens de quel effet ça faisait d’être vivante. Je ne me rappelle même pas de mon prénom pour tout vous dire. La seule et dernière image très vague qui me soit restée en tête (oui enfin façon de parler puisque mon corps est très certainement arrivé à sa date de péremption depuis belle lurette comme on dit), c’est un cheval, noir, musclé, devant une chute d’eau cristalline entourée de verdure. Magnifique. Et c’est au moment où je m’approche de lui qu’il recule, l’air terrifié, mais je remarque que ce n’est pas moi qu’il fixe mais quelque chose, quelqu’un, derrière moi. Je me retourne alors, ai à peine le temps de voir une vague lumière aveuglante en une fraction de seconde et… trou noir, plus rien. Comme si ma vie s’était arrêtée à cet instant, brutalement, sans que je n’ai le temps de m’en rendre compte, ni de savoir comment, par qui et pourquoi. Je ne sais même pas si c’est réel. Un rêve peut-être. Qui sait ? J’étais peut-être folle à lier. Car c’est digne d’un conte fantastique. Or la magie, ces êtres surnaturels dont on a raconté tant de choses et même fait tant de dessins tous plus farfelus les uns que les autres, n’existent pas, tout le monde le sait. Si ? Vous en avez déjà croisé vous ? Ailleurs que dans vos rêves et votre imagination je veux dire ? Bien alors on est d’accord, inutile de perdre plus de temps avec ces sottises.

Comment, dites-vous ? Pourquoi est-ce que j’arrive donc à vous écrire tout en étant morte ? Allons bon, la mort n’est pas de la magie ! Elle est avec nous depuis la nuit des temps et le sera toujours. Seulement, vous les vivants, vous plaisez à penser qu’il n’y a personne d’autre que vous sur cette terre et que vous avez le pouvoir de tout contrôler, parce que vous êtes aveugles, sourds et égocentriques avant tout. Des esprits ou appelez ça comme vous voulez, il en existe plus que vous tous réunis ! L’âme ne disparaît pas comme ça voyez-vous. Quant à un paradis je l’ignore. Si tant est qu’il en existe bel et bien un, je suis certainement trop perdue entre deux mondes pour pouvoir y avoir accès, et je suis loin d’être la seule. Oh non nous ne passons pas nos journées à nous amuser les uns avec les autres ou nous distraire de votre… évolution (quoi que j’ai l’impression que certains d’entre vous, de plus en plus nombreux, régressent bien au contraire). En vérité nous nous ennuyons beaucoup. Par ailleurs nous n’avons plus la faculté de dormir, histoire de passer le temps à rêver ou se reposer… C’est le corps qui se repose, le cerveau qui rêve, or comme ni l’un ni l’autre ne sont plus, en toute logique, nous ne le pouvons plus non plus.Quant à moi, je suis plutôt solitaire. D’autant plus que je suis considérée comme une éberluée à ne pas approcher : je ne sais ni qui je suis, ni qui j’ai été, ni ce que je suis censée faire, ni ne connais ma propre histoire, ni où je suis. Évidement que je fais fuir, même mes… semblables ? Enfin assez parlé de moi. Ce n’est pas une pauvre fille morte et amnésique qui va vous intéresser.

Cet ascenseur, voilà quelque chose d’intrigant. Vous le verriez que vous en seriez tout aussi captivés que moi. Ou bien comme ces idiots dont je vous ai parlé vous le fuiriez en vitesse sans chercher à en savoir plus… Mais je me plais à penser que puisque vous m’avez suivie jusqu’ici c’est que peut-être n’êtes vous pas aussi lâches et fuyards que ces individus. Le temps nous dira si je me trompe. Ce ne serait pas la première fois. C’est étrange tout de même, je me sens comme liée à lui. Je peux passer des heures et des heures devant sans bouger, mais sans jamais avoir tenté d’y pénétrer pour autant. J’ignore pourquoi. Mais j’ai comme la vague impression qu’il s’y est passé quelque chose. Quelque chose qui me concerne. Je ne parviens pas à m’en souvenir. Je ne suis d’ailleurs pas certaine d’avoir la volonté de me rappeler. En fait, il se pourrait bien que j’ai peur de découvrir la vérité. Car il se pourrait que je ne parvienne pas à l’accepter. Je suis bien comme ça ; je ne suis pas heureuse, je ne suis pas malheureuse, ni en colère, je ne ressens pas grand chose à vrai dire, mais je m’y suis habituée. Pourquoi cela devrait-il changer ? Et puis si quelqu’un m’attendait quelque part, dans un monde ou un autre, je le saurais depuis le temps que j’erre ici et là, non ? Je crois qu’en fin de compte je vais renoncer, voilà. Je vais voyager, dans tous les pays du monde que j’aurais souhaité admirer de mon vivant (enfin je présume) et peindre si j’en avais eu le don, ou prendre en photo, si j’avais vécu à l’époque où la photographie existait déjà, afin d’immortaliser ces souvenirs. Là au moins j’aurais eu de quoi me rappeler qui j’étais, et ce que j’ai fait. Mais rien ne se passe jamais comme on le voudrait. Si je pouvais remonter-le temps, le ferais-je ? Qu’en sais-je ? Je ne me souviens de rien. Étais-je heureuse ou malheureuse ? Et si j’avais une chance de tout recommencer à zéro ? Ce pourrait être tentant oui, mais seule je serais tout aussi perdue. Je n’ai pas de meilleur ami ni même d’animal et encore moins d’amoureux comme vous pouvez très souvent le lire dans tous ces romans traitant de surnaturel ou non.

La solitude. Je n’en souffre pas vraiment puisque je ne suis pas habituée à avoir de la compagnie. Mais j’espère qu’un jour peut-être cela changera, que je saurai moi aussi ce que signifie le bonheur, le vrai. Seulement le « petit » problème est que je suis morte. Or on ne connaît pas tout ça dans la mort : on y a eu droit de notre vivant, c’est fini. D’ailleurs si quelqu’un sait où je peux trouver celui ou celle qui en a décidé ainsi, qu’il me renseigne, je lui en toucherais bien deux mots. Car la vie après celle que l’on a sur terre est bien plus longue, et l’on ne choisit pas de mourir jeune, ni brutalement. Les gens vous disent toujours d’avancer, peu importe les raisons qui ont fait que telle ou telle chose arrive, ou que telle ou telle personne ait agi de telle ou telle manière. Ce n’est que du blabla. Tout le monde a besoin de réponses. Et je sais que tant que je n’en n’aurai pas, je resterai coincée ici pour une éternité. Toute âme a besoin de partir, Dieu sait où, si tant est qu’il existe puisque je ne l’ai encore jamais vu par ici. Mais si c’est le cas, j’imagine qu’il a bien trop à faire tant avec les vivants qu’avec les âmes ayant réussi à passer de « l’autre côté » comme on se plaît à dire, pour se préoccuper de nous, pauvres indécis. Ne dit-on pourtant pas qu’une armée d’anges est sous ses ordres ? Le jour où je comprendrai enfin est loin d’être arrivé, je le sais je le sens. C’est une chose qui s’aiguise quand on est comme moi, perdu entre deux mondes : l’intuition. On sait certaines choses, on les devine, sans pouvoir l’expliquer. Tiens, en parlant de deux mondes, la terre et le paradis, cela me fait penser au roman d’Alice Sebold, la nostalgie de l’Ange, vous devriez le lire. J’ai eu le temps de lire bien des œuvres depuis le temps que je tourne en rond, et c’est celui qui se rapproche le plus de ma situation. Une pauvre fillette de quatorze ans assassinée par son voisin et qui essaie de communiquer avec sa famille, ne voulant pas quitter le monde qu’elle a toujours connu et abandonner ses proches. Je crois que cette Alice elle-même n’imagine pas à quel point elle se rapproche de la réalité de ce monde.

Trêve de publicité, je ne crois pas que vous puissiez m’aider. Êtes vous à peine né que j’étais déjà en train d’arpenter les rues sans que personne ne remarque mon existence depuis bien longtemps. Et puis pourquoi le voudriez-vous ?

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